Permis A2 pour tous

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Décidé lors du CISR (Comité Interministériel de Sécurité Routière) d’Octobre 2015 (voir dossier de presse CISR Octobre 2015, mesure n°14), c’est depuis ce Vendredi 3 Juin 2016 que tout candidat se présentant aux épreuves du permis de conduire catégorie motocycle, obtiendra à l’issu de l’examen le permis de conduire catégorie A2, et se verra donc limité à la conduite d’un véhicule d’une puissance maximale de 35kW (soit 47.5 ch), peu importe son âge au moment de l’épreuve. Une formation de 7 heures est ensuite obligatoire afin de passer au permis A (sans limitation), après une période minimale de 2 ans, comme c’était le cas jusqu’ici pour les candidats âgés de moins de 24 ans (depuis la réforme de Janvier 2013).

Ceci met donc un terme définitif au permis A tel qu’il était connu jusqu’ici, rendant impossible l’accès direct à une moto de puissance libre dès l’obtention du permis, et ce, peu importe l’âge du titulaire.

Officialisé par le décret n° 2016-723 du 31 mai 2016, paru au Journal Officiel ce 2 Juin 2016, ce dispositif était initialement prévu pour une mise en application en Mars dernier, mais fut repoussé in-extremis, notamment grâce à la contestation des professionnels de la formation et de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle), en raison de la brutalité de la mise en place de la nouvelle réglementation. Annoncé en Octobre 2015 pour une mise en application seulement 5 mois plus tard, on aurait apprécié que le dossier de la fin du bridage à 100 chevaux soit aussi rapidement traité !

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Bridage, le retour de la revanche

C’est ainsi que sous couvert de, je cite, « protéger les usagers vulnérables que sont les conducteurs de deux-roues motorisés », et quelques semaines seulement après la fin de la limitation à 100ch que le gouvernement français décide de réinstaurer une certaine forme de bridage aux usagers.

Alors que le gouvernement aura tout fait pour retarder la fin de cette exception à la française qui aura perduré pendant plus de 30 ans (bridage mis en place pour les véhicules commercialisés depuis le 1er Janvier 1985), et que la corrélation entre puissance et accidentologie n’a jamais pu être étayée par la moindre statistique pendant tout ce temps… La solution choisie par le gouvernement pour enrayer la mortalité chez les usagers de deux roues motorisés est… le bridage.

Une mortalité qui revient systématiquement sur le tapis au moment de présenter les chiffres de l’accidentologie routière, grâce à la fameuse statistique « magique » employée par les pouvoirs public depuis des années, le célèbre « 22% des tués pour seulement 2% du trafic » qui permet de tout faire passer auprès de l’opinion publique et dont j’avais dit tout le bien que je pensais ici.
Un discours qui omet d’ailleurs sciemment de mentionner que récemment les motards sont plutôt bon élèves en matière de sécurité routière : avec une baisse de la mortalité historique de 11% du nombre de tués pour cette catégorie d’usager sur ces 5 dernières années (Voir l’article de Motomag.com), alors que le nombre de pratiquants ne cesse de croître depuis 20 ans.

Source graphique : MotoMag.com

Source graphique : MotoMag.com

 

Pour en revenir à l’opinion publique, la sécurité routière aura d’ailleurs bien préparé le terrain ces derniers mois, comme j’en parlais ici, ce qui permet de mieux légitimer cette vague de mesures à l’intention des usagers de deux-roues motorisés. Gilet haute visibilité à bord, port des gants obligatoire, contrôle technique à la revente, permis A2 pour tous… Pas mal de décisions en 8 mois !

Du côté des auto-écoles

Côté auto-écoles, la grogne vient surtout de la contrainte matérielle qui est imposée : En effet, jusqu’à présent les candidats au permis de conduire catégorie A (de plus de 24 ans donc, ou après 2 ans de permis A2) devaient être formés et passer les épreuves pratiques de l’examen sur des motos d’une puissance minimale de 40kW (54,38 ch)…
Même si, plus fort encore, cette valeur était elle même une dérogation accordée aux établissements jusqu’au 31 décembre 2018, car il était prévu que la puissance minimale soit en réalité de 50 kW, soit un peu moins de 68 ch.

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En effet, le dernier texte en vigueur, à savoir l’arrêté du 23 avril 2012 fixant les modalités pratiques de l’examen du permis de conduire des catégories A1, A2 et A, fixait les caractéristiques techniques des véhicules devant être employés comme suit :

A. – Caractéristiques techniques :

1. Catégorie A1 :

Véhicule à deux roues :
– d’une puissance maximale de 11 kw ;
– d’une cylindrée comprise entre 115 et 125 cm³ pour un moteur à combustion interne ;
– d’un rapport puissance/poids ne dépassant pas 0,1 kw/kg pour un moteur à combustion interne ;
– d’un rapport puissance/poids supérieur ou égal à 0,08 kw/kg pour un moteur électrique ;
– pouvant atteindre la vitesse de 90 km/h ;
– équipé d’une selle biplace et de deux rétroviseurs homologués.

2. Catégorie A2 :

Véhicule à deux roues :
– d’une puissance minimale de 20 kW et d’une puissance maximale de 35 kW ;
– d’un rapport puissance/poids ne dépassant pas 0,2 kw/kg et qui n’est pas dérivé d’un véhicule développant plus du double de sa puissance pour un moteur à combustion interne ;
– d’une cylindrée minimale de 395 cm³ pour un moteur à combustion interne ;
– d’un rapport puissance/poids supérieur ou égal à 0,15 kw/kg pour un moteur électrique ;
– équipé d’une selle biplace et de deux rétroviseurs homologués.

L’utilisation d’un véhicule relevant de la catégorie A est autorisé jusqu’au 30 décembre 2013.

3. Catégorie A :

Véhicule à deux roues :

– d’une puissance minimale de 50 kW ;
– d’une cylindrée minimale de 595 cm³ pour un moteur à combustion interne ;
– d’un rapport puissance/poids supérieur ou égal à 0,25 kw/kg pour un moteur électrique ;
– d’un poids à vide minimum de 175 kilogrammes ;
– équipé d’une selle biplace et de deux rétroviseurs homologués.

L’utilisation d’un véhicule d’une puissance minimale de 40 kw et/ou d’un poids à vide inférieur à 175 kilogrammes est autorisé jusqu’au 31 décembre 2018.

 

Et voilà qu’aujourd’hui, avec un coup de baguette magique, les établissements doivent faire une croix sur leurs véhicules réservés à la catégorie A, de fait inutilisables en dehors de la formation de 7h !

Afin de contourner le problème, le gouvernement a alors intégré à ce nouveau décret une nouvelle dérogation (oui, encore une), autorisant les motos conformes au passage de la catégorie A à continuer à être utilisées pour le permis A2 jusqu’au 31 décembre 2016, temporisant ainsi quelque peu l’urgence pour les établissements à devoir revoir leur parc de véhicules.

Yamaha MT-07, une des machines les plus appréciée par les conducteurs en permis A2... Et des auto-écoles.

Yamaha MT-07, une des machines les plus appréciées par les conducteurs en permis A2… Et des auto-écoles.

Enfin d’un point de vue des inscriptions, je pense qu’une baisse sensible du nombre de celles-ci va en effet se faire ressentir (pour les raisons que j’évoquerai plus loin), à l’image de ce qui s’est produit lors de la réforme de 2013. Cependant ce n’était que temporaire. Il reste à savoir à partir de quel niveau de contraintes les français vont commencer se détourner durablement de la pratique de la moto…

 

Des conséquences à prévoir ?

Comme je le disais dans l’article La saison de la chasse au motard est ouverte !, à la vue de toutes les mesures annoncées dans un laps de temps si court : « On voudrait dissuader les Français de faire de la moto, qu’on ne s’y prendrait pas autrement… »

Alors que l’âge moyen des motocyclistes français est de 46 ans (en 2013, étude du Commissariat général au développement durable), comment vont réagir tous ceux qui souhaitaient passer leur permis moto prochainement ? Je pense notamment à tous ces jeunes retraités, de plus en plus nombreux à s’inscrire au permis ces dernières années, très souvent des rêves de voyages au long cours plein la tête, au guidon de la Harley de leurs rêves ou d’une bonne grosse routière de chez BMW. Des primo-accédants au monde de la moto souvent dans une position confortable financièrement, débarrassés du crédit immobilier et dont les enfants ne sont plus à charge.

Vous aviez patiemment attendu la retraite pour partir sillonner l'Europe en routière avec Madame ? Le gouvernement ne l'entends pas de cette oreille !

Vous aviez patiemment attendu la retraite pour passer le permis moto et partir sillonner l’Europe en routière avec Madame ? Le gouvernement ne l’entends pas de cette oreille !

« Ceux-ci se tourneront vers un autre loisir, comme s’acheter une nouvelle voiture plus sportive ou même un camping-car ! » m’ont soufflé un concessionnaire BMW et un commercial de chez Triumph. Nul doute qu’à choisir, surtout pour ce genre d’achat « passion », tout le monde ne va pas accepter de passer par la case 47,5 ch pendant 2 ans avant de pouvoir rouler sur la machine de son choix.
D’autant que rappelons-le, les motos compatibles A2 ne peuvent être des véhicules dont la puissance à l’origine excède le double de la puissance bridée, soit au maximum 47,5ch x 2 = 95 ch.
Exit donc l’idée de l’achat d’une BMW R1200GS par exemple, impossible à brider à cause de sa puissance d’origine de 125 ch. Ceci aurait pourtant pu être une bonne idée afin d’éviter de passer par l’achat d’une autre machine moins puissante pour une période de 2 ans, suivi de sa revente. (Même si dans l’absolu je concède qu’une machine de ce gabarit / poids ne serait pas le choix le plus judicieux avec juste 47.5ch)

BMW R1200GS Adventure : Exemple d'une machine impossible à brider en raison de sa puissance de 125ch.

BMW R1200GS Adventure : Exemple d’une machine impossible à brider en raison de sa puissance de 125ch.

Une nouvelle fois, comme au sujet du contrôle technique, le gouvernement a choisi de complètement ignorer les recommandations émises par le CNSR (Conseil National de Sécurité Routière), composé des vrais acteurs de la sécurité routière (experts, formateurs, associations…). Celui-ci proposait pourtant des dispositifs de progressivité dans l’apprentissage de la conduite, notamment par l’introduction de retour d’expérience après certains paliers, de formations post-permis, etc…

A la place nous nous retrouvons une fois de plus avec une décision qui ne tient compte d’aucune réalité de « sécurité routière » à proprement parler. Aucune prise en compte de l’expérience réelle : même rester sans rouler et sans moto pendant 2 ans n’empêchera aucunement d’accéder à une machine sportive de 200ch une fois ce délai écoulé. Bravo la logique.

Et pendant ce temps bien entendu, le gouvernement ne se risque pas à imposer une quelconque limitation ou progressivité aux automobilistes (pourtant également suggérée par le CNSR), ce qui passerait plutôt mal à moins d’un an d’une élection majeure…

AFDM_logo

Concernant l’accès progressif à la puissance, mon avis rejoint celui de Pascal Wolf, représentant l’AFDM (Association pour la Formation Des Motards) qui disait dans une interview accordée à MotoMag :

« La Sécurité Routière souhaite instaurer une progressivité d’accès à la pleine puissance des motos, en tenant compte de l’expérience. L’AFDM n’y est pas opposée. Nous développons depuis longtemps des stages de perfectionnement post-permis moto. En revanche, nous considérons que c’est valable si le conducteur est volontaire, et non si on l’oblige à le faire. En matière de pédagogie, l’interdiction n’est pas recommandée. Autant un formateur, une assurance, une association peuvent avoir un pouvoir prescripteur, autant une interdiction pure et simple est mal comprise ».

Proposer un réel accompagnement post-permis (peu importe la catégorie, A ou B / moto ou auto), qui soit réellement constructif d’un point de vue pédagogique, serait constitué de sessions de formations, personnalisés pour chaque usager, dont le contenu serait adapté en fonction des informations récoltées lors de rendez-vous de « partage d’expérience ».

Il s’agirait selon moi, d’une méthode bien plus pertinente pour conditionner l’accès progressif à la puissance. Un travail différent pour chaque conducteur, se penchant indépendamment de son âge sur ses vraies lacunes, prenant en compte sa réelle expérience (éventuellement acquise dans une autre catégorie) et son niveau de conduite réel, et serait ainsi disposé à passer à la catégorie suivante en se basant sur ses réelles capacités.

Pistes du centre d'examen du permis de conduire - Déols (36)

Pistes du centre d’examen du permis de conduire – Déols (36)

On pourrait même imaginer une formation dispensée immédiatement après la formation initiale telle que proposée à ce jour, permettant ainsi à ceux prêts à s’investir d’avantage dans un cursus sur mesure plus complet (par exemple : formation à davantage de situations d’urgence, sur terrain humide, conduite sur piste…), d’accéder immédiatement à un véhicule non limité. Ce qui serait bien plus pertinent qu’une simple « période de 2 ans », vide de toute autre condition que l’attente, suite à laquelle même celui n’ayant jamais réellement conduit pendant ce laps de temps est « apte » à passer au permis A à l’issue d’une formation générique.

Ce qui permettrait ainsi de rétablir la possibilité d’accès direct à une catégorie de véhicules. En effet en matière de pédagogie, rien de pire que d’interdire…

 

6 commentaires à propos de “Permis A2 pour tous

  1. Richard

    Une fois de plus, tu as donné une très bonne analyse. Constructive, argumentée et avec beaucoup de sens. Tout l’inverse de cette nouvelle loi 100% bullshit.
    Le gouvernement reprend sournoisement ce que l’Europe ( merci Bruxelles, n’en déplaise aux euro-sceptiques ) lui a obligé de nous rendre. Oui on nous a rendu la liberté de rouler librement avec la fin de cette stupide loi des 100ch .
    Mais nos hommes et femmes politiques français ne comprennent rien , si peut être aux groupes de pression de l’automobile qui eux ne sont pas impactés par ce type de loi ( rien n’empêche techniquement , mis à part le coup de l’assurance, un jeune permis avec son A de pouvoir rouler dans la grosse allemande surpuissante de Papa et de faire l’andouille à son bord pour finir au mieux dans un champ après une fête chargée en alcool et stupéfiants ). Ceci étant un simple exemple courant.
    Le pire dans cette loi, c’est qu’en terme d’accidentologie et de mortalité, nos ânes du ministère des transports et de la sécurité routière, ont oublié une catégorie qui progresse énormément et de façon constante. De qui je parle ?
    Bah oui, nos amis les scooters !!! Quid des chiffres de leur mortalité par rapport aux motards (es)? Et Dieu sait si bon nombres de ces véhicules sont débridés par nos jeunes adolescents ( perso j’ai fait pareil à leur âge ) . Et leur nombre d’utilisateurs progresse également en milieu urbain, zone de forte accidentologie s’il en est.
    Pourtant, la plupart sont à des lieux des 100ch , et il n’empêche qu ils doivent hélas grossir les rangs du fameux ratio 22% de morts pour 2% du trafic, non ???
    Et cette loi arbitraire du nouveau permis A2 tient-elle compte ( question sur laquelle tu dois être mieux informé que nous, donc n’hésites pas à nous le préciser ) des autres quadras qui pourraient être tentés par les chants des maxi scooters à trois roues, qui par un habile détournement de la loi sur l’empattement du train avant, arrivaient à faire rouler des automobilistes sans expérience du monde des 2 roues, sur ces machines de plus de 500cm3 soient disant sécurisantes , mais tout aussi rapides et puissantes que certaines motos.

    Bref en France, on préfère interdire et contraindre , plutôt que de se concerter et de faire usage de pédagogie .

    Les chats ne font pas des chiens, comme disait le viel adage l’histoire se répète donc pour nos gouvernements, l’actualité récente sur la mise en place d’une nouvelle loi travail, nous le rappelle assez bien ainsi.

    Vivement ton prochain article .

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    1. Cédric Auteur de l'article

      Merci pour ton commentaire très intéressant !
      En réalité pour la catégorie des cyclomoteurs le marché s’est complètement cassé la gueule ces dernières années (et très très violemment) . On ne s’en rends peut-être moins compte ici dans notre milieu rural car davantage de jeunes on de réels besoin de se déplacer autrement qu’en transport en commun, mais depuis le permis AM en 2013, associé au fait que beaucoup de jeunes ado sont de moins en moins intéressés par sortir en scooter (pour le même prix certains demandent à la famille un Iphone 6S), la pratique est en chute libre. Je pense qu’il faudra un petit moment pour s’en rendre mieux compte.

      A mon humble avis, il y avait un gros problème, comme tu le décris, concernant les cyclomotoristes qui font n’importe quoi (j’ai aussi bricolé comme un dingue les bécanes des potes à cet âge !). Mais c’est un tel soucis dont se rendais très bien compte le ministère de l’intérieur, déjà en charge de transport (2009 de tête) : Le nombre de cyclomotoriste en infraction était tel, et impossible à juguler, que le seul moyen était la mise en place d’un dispositif qui découragerait le plus de monde possible : Le permis AM ! Et ça a fonctionné ! Depuis son instauration les chiffres de ventes de cyclo chutent d’environ 11% par an ! depuis 2013…
      Tiens, tiens… instaurer un nouvelle législation contraignante pour pouvoir conduire une moto… En voilà une bonne idée pour diminuer le nombre de motards, non ?

      Ah et concernant les Scooters à 3 roues… Tu fais bien d’en parler ! En effet pour conduire un véhicule de catégorie L5e un simple permis B, et une formation de 7H (après 2 ans de permis B) suffisent pour pouvoir en conduire un !
      Pour contourner les règles et passer un trois roues normalement destinés à être conduit avec un permis A en catérogie L5e : les deux roues du train avant sont écartées de 460mm. En dessous un vrai permis moto adéquat (et donc A2 maintenant) serait obligatoire. Quelques millimètres font parfois la différence !
      Ainsi, juste un permis B n’ayant aucune base de formation moto + une formation générique de 7h suffisent à conduire un MP3 500 par exemple, de plus de 40cv. Et comme le permis B n’ayant lui aussi aucun accès progressif à la puissance… Je te laisse en tirer les conclusions !
      Ah oui, les ventes chez Piaggio se portent très bien :p

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  2. Flohw

    Je crois que je vais arrêter de te lire en fait… C’est pas bon pour mon coeur !
    Vivement les prochaines génération, en espérant qu’ils soient meilleurs (j’ai un peu peur quand même…)

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  3. FRCB

    J’apprends aujourd’hui les conséquences de cette règlementation qui me surprend grandement par ses modalités d’application. Intéressé par le monde des deux roues depuis peu, je me renseigne il y a environ un an (courant 2015) pour passer ce fameux permis A (ayant déjà l’âge requis à l’époque). Pour des raisons professionnelles je repousse le projet jusqu’au mois d’août de cette année (2016) où je me présente à nouveau dans mon auto/moto école favorite pour finaliser l’inscription. Pas de mention de cette loi fraichement arrivée par le moniteur. Je fais mes leçons normalement sur XJ6 et parfois sur MT07, tout va bien et je prends mon pied. Je passe l’examen du plateau. Un bon moment de pression mais bonheur, c’est une réussite. Je me projette déjà comme un gosse sur mon futur deux roues, loin d’imaginer que je suis entrain de passer à côté de cette petite loi qui change tout. Dernières leçons ces jours-ci et me voilà prêt à passer l’épreuve de circulation la semaine prochaine, bien décidé d’en découdre. J’entends alors le moniteur récapituler devant deux autres élèves et moi « OK, donc on aura deux A2 et un A à passer ». Lorsque je comprends que je ne suis pas le possible futur A en question je m’inquiète et questionne le moniteur. Quelle n’est pas ma surprise lorsqu’il m’apprend les détails de cette fameuse loi entrée en vigueur en juin. Horreur, donc à deux mois près, je suis considéré comme un conducteur qui devra attendre non moins de deux années supplémentaires avant de faire l’acquisition de la moto qu’il souhaite et sans restriction. Cerise sur le gâteau, j’apprends que je devrais payer une petite formation pour, je cite le service public, apprendre à « m’adapter à un nouveau véhicule (>35Kw) et à une pratique sécuritaire » qui va avec… alors que je roule déjà aujourd’hui comme élève sur de telles machines, que je fais toutes mes formations sur de telles machines et que je passe toutes mes épreuves sur ces même machines… WTF (What The Fuck pour les non anglophones) ?!
    Je suis sidéré. Je ne comprends pas cette phase de transition complètement illogique. D’un coté on laisse aux motos écoles jusqu’en fin d’année pour s’équiper en conséquence de motos bridées, de l’autre on demande aux élèves en cours de formation qui continuent à apprendre sur des motos considérées comme celles du nouveau permis A, de se contenter du permis A2 (et de patienter non pas un mois, deux ou six mais deux…ans !! avant de pouvoir rouler sur des motos similaires à celles qu’il a déjà utilisé). Ceci sans compter le petit billet des 7H de formation sur les motos que l’on a justement déjà utilisé mais que l’on doit apparemment découvrir à nouveau… Je suis exaspéré, limite dégouté. Moi qui voulais investir rapidement, je suis bien refroidi. Je vais prochainement écrire à la préfecture et à d’autres instances pour tenter de leur faire prendre conscience de cette situation ridicule.

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    1. Cédric Auteur de l'article

      Salut à toi et un grand merci pour ton commentaire, qui permet d’illustrer parfaitement cet article ! Je me suis d’ailleurs permis de le mettre en avant sur Twitter tellement il correspond à une situation que j’ai souvent l’occasion d’expliquer.

      Je comprends à 200% ton exaspération devant cette situation, te retrouvant clairement le « cul entre deux chaises ».
      Et imagine si tu avais, comme de nombreux quadras et quinquas qui passent le permis en étalant les cours sur une grosse période en raison des occupations personnelles et professionnelles, déjà acheté une bonne grosse routière ou un custom ! (qui plus est, il ne s’agit pas vraiment de machines qui permettent de faire des folies)
      J’ai vu des élèves ayant prévu la pré-retraite approchant, de réaliser leurs rêves de gros roadtrip en france ou en europe, en ayant déjà acheté la BMW de leur rêves tout équipé, tomber des nues comme toi en apprenant la nouvelle… Certains, inscris avant Juin font tout leur possible pour terminer leur formation avant décembre. Pour les moins chanceux, qui ont souhaité s’inscrire après la date fatidique, c’était déjà trop tard, se retrouvant donc parfois avec une moto inutilisable pendant 2 ans !

      Certains ont même fini par renoncer à s’inscrire, et je ne peux que les comprendre. Rapidité de la mise en oeuvre de la nouvelle réglementation, peu de communication sur le sujet en dehors de la presse et du web spécialisé, et surtout une progressivité clairement inappropriée qui ne prends en rien en compte l’expérience et les compétences réelles du conducteur…
      Comme expliqué dans l’article, la progressivité dans l’accès à la puissance est recommandée depuis longtemps par les professionnels de la formation et les associations (notamment lors des recommandations émises aux précédents CNSR), et pas que pour la moto. Mais alors absolument pas comme ça ! Preuve en-est qu’un élève n’ayant conduit aucune moto pendant 2 ans peut très bien passer de A2 à A en passant cette formation de 7h, et réellement débuter sur n’importe quelle machine par la suite… Ce qui démonte complètement la réalité de l’aspect « progressivité » de cette mesure.
      En effet, on marche clairement sur la tête.
      Comme je le dis souvent, dernièrement tout semble fait pour détourner les français de la moto à long terme…

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